La fracture numérique en France

Selon le CREDOC (Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de Vie) dans son étude de « La diffusion des technologies de l’information dans la société française », en recoupant les informations sur l’utilisation de l’ordinateur au travail et au domicile, on constate que 40% de la population n’est jamais confrontée à l’informatique. Il s’agit principalement des plus de 60 ans, des personnes peu diplômées (83% des non-diplômés et 49% des titulaires d’un Bepc) et des personnes vivant dans un foyer percevant moins de 1 500 Euros mensuels.

Enfin, au-delà de 60 ans, 80 à 95% de la population ne se connectent jamais. C’est aussi le cas de 87% des non-diplômés et de 65% des personnes vivant dans des foyers modestes.

Par ailleurs l’architecture du réseau téléphonique historique français sur lequel s’appuie la grande majorité des accès haut débit (ADSL) est une source d’inégalité. En effet

  • 2% des lignes téléphoniques (600000 foyers environ) sont inéligibles à l’ADSL (zones blanches)
  • 8% des lignes téléphoniques (2,4 millions foyers)ne permettent pas un accès à plus de 512Kbits/seconde. Ces foyers ont un accès très/trop lent à de nombreux sites
  • 27% des lignes (8 millions de foyers)ne permettent pas un accès à plus de 2Mbits/seconde. Ces foyers seront bientôt exclus des sites Internet qui sont de plus en plus gourmands en bande passante. Ces foyers sont très nombreux en zones rurales, mais sont également présents à Paris et en Ile de France (lignes de cuivre éloignées du central France Telecom)

L’arrivée de la fibre optique et du très haut débit, tel qu’annoncé par les trois plus gros opérateurs de télécommunication français ne va pas réduire cette fracture, car les déploiements vont commencer là ou c’est le plus rentable, c’est à dire en zone dense, en général proche des centraux téléphoniques.

Les collectivités locales sont très sensibles à cette fracture numérique. Ainsi sous la pression des collectivités locales, France Telecom a commencé à déployer une offre NRA-ZO (NRA Zone d’ombre) qui permettrait, avec un partenariat public-privé, de désenclaver les zones banches complètement non éligibles à l’ADSL.

Par ailleurs, la loi LME, oblige France Telecom à dégrouper la sous-boucle locale, ce qui permettra une amélioration notable du débit dans des zones non desservies à moyen termes par la fibre optique.

En 2008, la solution technique WiMAX ouvre des perspectives nouvelles pour les zones d’habitation isolées.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fracture_num%C3%A9rique