Les nouvelles technologies de l’information et de la communication portent en elles d’immenses espoirs, mais elles ne sont pas accessibles à tous.

Immenses espoirs parce qu’en quelques années, elles ont permis une multiplication sans précédent des échanges. Et les échanges sont source de richesse, richesse tant sociale, qu’économique et culturelle.

Elles ont contribué à l’effacement progressif des frontières, à tisser des liens sociaux entre personnes et entre cultures, à multiplier les opportunités de rencontres, d’accès au savoir et les possibilité de développement des individus et des entreprises.

Mais, paradoxalement, ces technologies destinées à faciliter les échanges, à rapprocher les personnes et les entreprises, ont aussi contribué à creuser un fossé que l’on appelle « fracture numérique ».
Ce fossé n’est plus un ravin qui sépare les pays industrialisés et les pays plus pauvres.
Même au sein de pays comme le nôtre, il se marque en jeunes et plus âgés, entre personnes fortement ou faiblement éduquées, entre ceux qui ont pris le train en marche et ceux qui ont pris du retard.

Cette fracture peut avoir plusieurs visages : la « fracture financière« , « fracture du savoir » et ce qu’on pourrait nommer la « fracture de l’adhésion« .

La « fracture financière » existe, personne ne peut la nier. Que ce soit en tant qu’individu ou qu’une petite entreprise, certains n’ont pas les moyens d’acheter le matériel informatique nécessaire, de se former et d’entretenir un abonnement aux différents fournisseurs d’accès. Elle est la plus connue. On possède de nombreuses études sur le sujet, des chiffres et des statistiques. Elle est la « partie visible de l’iceberg ».

La « fracture du savoir » est bien plus importante que l’on ne le croit. C’est la « partie cachée de l’iceberg ».
On rencontre principalement 4 cas de figure :
1. Le renoncement
Certaines personnes ont les moyens et même le besoin d’acheter un ordinateur mais préfère y renoncement croyant qu’il n’en sont pas capables.
2. Le découragement
L’achat d’un ordinateur s’est fait naturellement mais enfin déballé, on ne parvient pas à l’utiliser ou à lui faire réaliser exactement ce que l’on voudrait. On commence par s’énerver puis on finit par se décourager. L’utilisation de ce dernier se fait de moins en moins fréquente.
3. La sous-utilisation
De nombreuses personnes possède un ordinateur (+ de 60% des ménages en Belgique), voire parfois plusieurs. Mais ces personnes ne savent pas ou peu s’en servir. Leur connaissance de l’utilisation d’un ordinateur et des programmes courants est superficielle et entachée de grosses lacunes. Mais ce qui est plus grave, c’est que l’on rencontre beaucoup de ces utilisateurs au niveau privé mais aussi professionnel.
4. Le principe d' »écran de fumée »
Ce n’est pas parce que l’on sait utiliser Facebook ou Twitter que l’on sait faire un tableau Excel et ce n’est pas parce que l’on sait utiliser l’Internet que l’on faire attacher un document à un e-mail ou imprimer une photo.
Ces deux exemples illustrent que l’on peut croire « savoir » mais que cette connaissance est fortement cloisonnée.

Une partie de la population ne détient pas la connaissance nécessaire à avoir accès aux nouvelles technologies.
Si nous laissons s’installer ces défaillances, nous allons prendre de plus en plus de retard au sein de l’Europe et du Monde.

Enfin, par « fracture de l’adhésion« , on entend les difficultés qu’éprouvent certains à saisir l’intérêt que peuvent présenter pour eux les nouvelles technologies.
Il est impératif de convaincre chacune et chacun que cet intérêt n’est pas un luxe mais une fonction vitale.

Il n’y a aucune fatalité. Nous pouvons changer les choses.

Pierre Cat

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